NB. Article en cours de structuration et de rédaction.

Il n'y a pas de vie sans eau ! et les conflits sont nombreux pour contrôler cette ressource naturelle vitale.
Ainsi, au même titre qu'il existe des zones sensibles pour le pétrole il existe des zones "hydroconflictuelles": Proche et Moyen-Orient, Mauritanie et Sénégal, le Nil (Egypte, Ethiopie, Soudan), Amérique (USA-CDN, USA-Mexique), Asie (Inde-Bangladesh, Inde-Népal)...

Il faut noter d'emblée un paradoxe: la surface de la Terre est recouverte à 70% d'eau, mais cette eau en l'état est à près de 100% impropre à la consommation humaine.

  •     97,20  % de l'eau terrestre est de l'eau de mer,
  •     2,15 % est bloquée dans les neiges et les glaces (88% de l'eau douce),
  •     0,64 % est de l'eau souterraine (11,5% de l'eau douce),
  •     0,00891 % est de l'eau de surface (0,5% d'eau douce)
  •     0,001 % est sous forme de vapeur dans l'atmosphère.


L'eau dans la nature est impliquée dans un cycle qui peut s'exprimer par une équation simple représentant le bilan hydrologique:
       Précipitations = évapotranspiration + ruissellement + infiltration

Disponibilité de l'eau

  • 71 m3 par habitant et par an  à Malte,       
  • 327 m3 en Israël,        
  • 485 m3 en Cisjordanie,        
  • 1120 m3 en Egypte,   
  • 3277 m3 en France,     
  • 3607 m3 en Turquie .        

Selon les critères occidentaux le minimum nécessaire est de 1000 m3/h/an;

L'économie de l'eau
Il faut penser globalement et agir localement.

C'est le sens de la déclaration commune des Ministres chargés de l'eau des pays du bassin méditerranéen, à Alger, le 30 mai 1990.

Dans les hypothèses actuelles d'évolution du climat, un des scénarios plausible en l'état actuel des choses est un doublement de la concentration de CO2 dans l'atmosphère pouvant entraîner à une échéance de 50 à 100 ans une augmentation de la température mondiale moyenne de 2°C, et une augmentation de l'évapotranspiration en Méditerranée de 10 à 20% , en même temps qu'un relèvement eustatique du niveau de la mer de 30 cm à 100 cm en un millénaire.

Cette évolution, si elle se produit, ne sera pas le fait de la Méditerranée, mais en grande partie de l'activité humaine dans le reste du Monde. Mais le bassin méditerranéen en subira tout particulièrement les conséquences. Il est donc indispensable de penser et d'agir pour économiser l'eau.

Cette  économie est  d'ailleurs tout à fait possible, en particulier dans l'agriculture, qui consomme 70% de l'eau douce et dans l'industrie où il serait souvent possible d'utiliser de l'eau plusieurs fois recyclée.

Israël a depuis longtemps montré que dans ces deux secteurs des économies substantielles peuvent être réalisées: développement de l'irrigation au goutte à goutte et réduction de la consommation d'eau industrielle (l'usine de pâte à papier de Hadera consomme 10 fois moins que les normes habituelles 12 m3/t au lieu de 120 m3/t. 

Le gaspillage de l'eau douce

Selon la Banque mondiale, 40% de la population mondiale souffre d'une grave pénurie d'eau et selon l'ONU, 80% des maladies dans les pays du sud seraient dues à la pollution de l'eau (bilharziose, filariose, choléra... affectent plus de 800 millions de personnes dans le monde).

Il est d'autant plus préoccupant de  constater alors qu'aujourd'hui, le peu d'eau douce disponible pour l'humanité est gaspillé ! Les nappes souterraines étant particulièrement sollicitées, y compris les aquifères fossiles qui ne sont plus réalimentés.

Exemples en Méditerranée:

  •     1° la ville de Damas (Syrie) était décrite en 1183 comme la ville des fontaines, depuis, la surexploitation de l'aquifère liée à l'urbanisation et à l'agriculture a stérilisé la nappe;
  •     2° la salinisation des terres arables de l'Iraq résulte d'un excès d'irrigation qui lessive les sols et entraîne leur stérilité définitive;
  •     3° le tiers du prix des oranges en Israël est dû au prix de la seule eau nécessaire à la culture;
  •     4° l'Arabie Saoudite s'est hissée au sixième rang des producteurs de blé en irriguant le désert avec de l'eau fossile non renouvelable;
  •     5° entre 1967 et 1991 la production de citrons à Gaza a chuté de 256.000 tonnes à 59.000 tonnes, par suite de l'insuffisance d'eau douce liée à la surexploitation de la nappe aquifère. Cette surexploitation a entraîné la pénétration de l'eau de mer dans la nappe (le biseau salé) et la rend en partie impropre à la consommation humaine;
  •     6° la Libye a décidé de créer une "rivière artificielle", destinée, inutilement, à l'irrigation de 180.000 hectares, en pompant dans une nappe fossile à 800 mètres de profondeur. L'eau est transportée par des conduites de 4 mètres de diamètre sur une distance de 1500 km, elle stockée dans des réservoirs à ciel ouvert où... elle s'évapore;
  •     7° les égyptiens consomment 60% plus d'eau qu'il serait nécessaire pour leur agriculture;
  •     8° en Turquie, à Izmir, les industries puisent gratuitement l'eau de la nappe phréatique, d'où une surconsommation de plus de 70% de ce qui leur est nécessaire...


Ces quelques exemples illustrent bien que la gestion de l'eau est une question politique et d'ailleurs au moyen-orient, "qui touchera à l'eau jouera avec le feu" (Golda MEIR).

Le partage de l'eau


Or généralement, les fleuves, en surface, comme les nappes aquifères, souterraines, ignorent les frontières.

Exemples:
    1° Le Tigre et l'Euphrate arrosent la Turquie, la Syrie et l'Iraq, mais 98% de leur eau provient de Turquie (Monts Zagros et Taurus) alors que les 2/3 de leur bassin est en Iraq et en Syrie.

Suivant la déclaration de Dublin selon laquelle l'eau serait une marchandise comme les autres, la Turquie a fait savoir par la bouche de son Premier Ministre, en 1992 (inauguration du barrage Ataturk) que "l'Irak et la Syrie n'ont pas plus de droit sur les eaux turques que la Turquie n'a de droit sur le pétrole syrien ou irakien".

    2° Le Litani est un fleuve entièrement libanais, mais il alimente par des pertes importantes (10% de son débit) un aquifère souterrain, qui alimenterait lui-même directement (par des sources) et indirectement (par des pompages) le Jourdain, ce qui pourrait expliquer le peu d'empressement qu'a eu Israël pour évacuer le sud-Liban.

Il ressort ainsi que, même si les scientifiques peuvent apporter, d'une part des éléments pour la compréhension des situations, d'autre part des propositions techniques, la gestion de l'eau, une des composantes essentielles de l'environnement, passe obligatoirement par des décisions politiques "très sensibles".

 Le système Méditerranée-Mer Noire